Influence du cancer sur la vie intime et la sexualité.

Pour beaucoup de personnes, même sans cancer, il est difficile de parler des problèmes de sexualité qui peuvent survenir au cours du temps. Le cancer et SES traitementS peuvent affecter votre vie intime, celle de votre partenaire et votre relation. Quelques que soient les troubles, des solutions existent. Une communication ouverte et franche avec votre partenaire peut vous permettre de dépasser les difficultés engendrées par les traitements du cancer.

Quand les traitements induisent des troubles ou des changements de la sexualité

Les effets des traitements vont varier d’une personne à l’autre. L’altération de l’image corporelle, le choc psychologique, la crainte de l’avenir, expliquent que beaucoup de personnes et/ou leur partenaire voient apparaître des changements dans leur vie intime et sexuelle. D’un autre côté comme le regrette Anne-Marie « c’est un sujet dont on ne parle pas en consultation et quand on pose des questions, on nous répond que c’est la chimio et c’est tout… ». En effet, certains soignants sont réticents à informer leurs malades sur les conséquences sexuelles de certains traitements de crainte de les voir refuser un traitement curatif. Et pourtant il est essentiel de pouvoir en parler car comme le dit Anne Marie « ce n’est pas facile à vivre dans une relation quand on n’est pas informé ».

Les troubles psychologiques
L’anxiété ou la dépression liées au diagnostic, au(x) traitement(s) et à la crainte de la rechute peuvent altérer le désir. Il est parfaitement compréhensible qu’une personne ne soit plus intéressée par la sexualité quand il y a par ailleurs une menace sur la vie. Chez la femme comme chez l’homme, la crainte de ne plus pouvoir satisfaire son/sa partenaire peut favoriser un sentiment de culpabilité et modifier l’expression de son désir.

Les troubles fonctionnels
Les symptômes liés à la progression de la tumeur, aux différents traitements (comme les nausées et la douleur, hormonothérapie…) ou aux interventions chirurgicales (comme l’ablation de la prostate, du vagin, de l’utérus…), peuvent altérer une partie ou l’ensemble de l’acte sexuel (baisse de la libido, diminution de l’intensité de l’orgasme, perturbation de l’éjaculation…). Si le désir et l’excitation sont absents, l’acte sexuel chez la femme comme chez l’homme peut être douloureux.
En conclusion, le cancer et ses traitements peuvent avoir d’importantes conséquences sur la sexualité. Mais elles sont la plupart du temps temporaires, et il ne faut surtout pas hésiter à en parler à votre partenaire ou vos interlocuteurs médicaux car de nombreuses solutions existent.

Quelles solutions ?

Chez la femme, en cas de sécheresse vaginale, des gels lubrifiants sans colorant et sans parfum et/ou des produits locaux sous forme d’ovule à base d’œstrogène peuvent être utilisés.
Chez l’homme, des médicaments qui facilitent ou permettent l’érection peuvent être prescrits.
Alors n’hésitez pas, des spécialistes (urologues, gynécologues, sexologues, psychologues…) peuvent vous écouter, répondre à vos questions et vous donner de nombreux conseils.
Pour répondre à d’autres questions que vous vous poseriez, la Ligue contre le cancer a édité 2 documents qui traitent du sujet de manière très détaillée. Vous pouvez les télécharger en cliquant sur les liens ci-dessous :
Sexualité et cancer : informations destinées aux hommes
Sexualité et cancer : informations destinées aux femmes

Le dialogue entre partenaire

On le sait bien, c’est parfois difficile d’avouer à son partenaire une baisse de désir ou de refuser de faire l’amour alors que cela est parfois douloureux ou impossible. Pourtant, une communication ouverte et franche et une étape importante :
– partager ensemble ce que vous ressentez pour identifier les problèmes et envisager des solutions ensemble.
– dites à votre partenaire si vous éprouvez de la douleur ou une certaine sensibilité. Il pourra donc être plus tendre ou éviter les régions ou les activités qui vous causent de la douleur.
– vous pouvez éprouver de la peur ou de l’anxiété face aux relations sexuelles à différentes périodes de votre expérience du cancer. Votre partenaire peut aussi ressentir de la peur ou de l’anxiété s’il croit qu’il peut vous faire mal. À moins que le médecin vous ait avisé de ne pas avoir de relations sexuelles, il n’y a pas de raisons de ne pas en avoir si vous en avez envie.
– allez-y doucement. Commencez donc par vous rapprocher physiquement, vous étreindre, vous masser, poser des gestes avec lesquels vous vous sentez à l’aise, et ce, fréquemment. Ces démonstrations physiques d’affection peuvent vous aider tous les deux à vous rapprocher physiquement sans avoir de relations sexuelles.
– soyez patient. C’est possible que ce soit plus long avant d’être excité. Ayez l’esprit ouvert face aux différentes manières de ressentir ou de provoquer du plaisir sexuellement.
– si vous être trop fatigué pour avoir une relation sexuelle, faites d’abord une sieste ensemble.

Et qui sait, cela peut être l’occasion de découvrir de nouveaux plaisirs avec l’autre comme Anne-Marie qui se souvient, alors que le rapport intime était impossible pendant ses chimiothérapies, « avoir partagé autrement des moments intenses de plaisir ».