En parler à ses proches

Parler de son cancer à ses proches permet aussi une prise de conscience de sa propre maladie. En choisissant d’en parler à votre conjoint(e), vos enfants, vos amis, vous avez l’opportunité de vous alléger d’un fardeau, de partager votre souffrance mais c’est à vous de choisir le « bon » moment, celui ou vous vous sentirez prêt (e) à dire votre vérité.
Parler de son cancer à ses proches n’est pas toujours facile. Que vais-je leur dire, comment vont-ils réagir ? En choisissant d’en parler à votre conjoint(e), vos enfants, vos amis, vous avez l’opportunité de vous alléger d’un fardeau, de partager votre souffrance, de leur donner des informations et explications pour qu’ils comprennent ce qu’est le cancer et ce que vous vivez. C’est à vous de choisir le « bon » moment, celui ou vous vous sentirez prêt (e) à dire votre vérité.

Oser parler de son cancer à ses proches

Le cancer évoque bien souvent l’idée de la mort, alors, que ce soit pour un parent, un conjoint ou un ami, entendre parler de cancer fait peur. Face à cette épreuve difficile, les proches ne savent pas toujours très bien comment réagir, ils peuvent se sentir désemparés, anxieux, éprouver un sentiment de culpabilité.
Pourtant, la parole libérée est souvent salvatrice pour la personne qui vit avec la maladie mais aussi pour ses proches.
Dire c’est s’autoriser à exprimer ses émotions, ses doutes, ses peurs, à libérer son stress et entendre que l’on n’est pas seul (e) face au combat contre la maladie. Pour vos proches, c’est l’occasion de prendre conscience de vos difficultés, de vos attentes et du soutien qu’ils doivent mobiliser pour vous aider.

« Je pense que c’est plus difficile pour ceux qui nous entourent et nous accompagnent. Pour mes proches c’était dur car il me voyait mal et dépérir et il faisait en sorte de rester positifs. »

Adriana, 43 ans, en rémission d’un cancer du cavum depuis 3 ans.

En parler pour vous sentir soutenu

Le soutien des proches est une aide précieuse à toutes les étapes de la maladie et vivre avec un cancer est plus facile lorsqu’on peut compter sur son entourage comme nous le rappelle Adriana : « Il faut parler de suite car on a vraiment besoin de soutien, on ne peut pas se battre tout seul, on a besoin d’encouragements. »
Vos proches, comme leur nom l’indique, sont les plus à même de vous apporter affection, écoute attentive, présence, énergie et bonne humeur, ou encore motivation en toutes circonstances comme en témoigne Christine : « J’ai eu de la chance, j’ai un conjoint, des amis qui m’ont porté, coucouné. ».
Ce sont eux qui sont là pour vous accompagner au moment de l’annonce du diagnostic, quand les traitements sont lourds à supporter et que vous avez envie de tout arrêter, face au choc de la récidive. Dans ces moments de doute, de découragement, ils peuvent vous aider à maintenir le cap, le moral… et par ricochet, votre santé ! Comme le dit Adriana : « 50% de la guérison c’est l’entourage »

En parler pour les rassurer et apaiser leurs inquiétudes

Paradoxalement, savoir rassure l’autre, et peut lui éviter une attitude de rejet par ignorance. Votre entourage va pouvoir être associé à ce que la maladie implique comme changement dans votre vie et avoir des comportements plus adaptés à vos besoins.
Savoir, c’est aussi voir les choses avec réalisme, avoir moins peur.

En parler … mais comment ?

L’annonce de votre cancer ne doit pas se faire dans la précipitation, vous pouvez si vous le souhaitez attendre quelques jours pour « digérer » le choc de l’annonce du diagnostic et intégrer ce bouleversement dans votre vie.
Annoncer son cancer à ses proches est une nouvelle épreuve, la peur de ne pas trouver les mots pour exprimer ses maux, la peur de faire du mal à ceux que l’on aime.
Aussi, savoir à qui et comment vous allez l’annoncer est important.  Il n’existe pas de bonne « recette » tout au plus quelques conseils :
– Installez dans un endroit au calme, où vous ne risquez pas d’être interrompu à tout moment. Cette conversation peut durer un certain temps car vos proches vont avoir sans doute beaucoup de questions à vous poser.
– Sans essayer de masquer la vérité, ne soyez pas trop direct et éviter « j’ai un cancer » qui peut générer des réactions de peur et d’angoisse auprès de votre entourage.
– Écoutez et tentez de répondre aux questions et en particulier à celle que vous redoutez le plus de la part de vos enfants « Tu vas mourir ? ».
– Parlez des traitements et évoquez les possibilités de guérison.

Une bonne communication est bienvenue pour que vos proches puissent se battre à vos côtés. Adriana témoigne de la force des mots : « J’ai’ un cancer, c’est assez grave, mais on va se battre et on va réussir. Tout le monde m’a suivi et encouragé par la suite » »
Mais si cela vous paraît trop difficile, choisissez quelqu’un d’autre pour dire à votre place.

Comment en parler à son conjoint

L’intrusion de la maladie au sein du couple provoque souvent des modifications ou des tensions dans la manière d’être à l’autre et même si vous souhaiteriez que tout soit comme avant, certains signes ne trompent pas et certaines émotions sont perceptibles.
Aussi, pour éviter que les malentendus s’accumulent, osez parler à votre conjoint.
Parler pour dire que la fatigue que vous ressentez n’a rien à voir avec une fatigue « classique » mais que vous êtes épuisé (e) par vos traitements et que vous avez besoin de lui pour les tâches du quotidien.
Parler pour dire que vous vous sentez plus vulnérable émotionnellement et que vous ressentez parfois de l’angoisse, de la peur, de la tristesse, du découragement, de la colère, face à ce corps meurtri par la maladie.
Parler pour dire vos craintes d’affronter et d’accepter son regard et votre envie de tendresse pour préserver vos rapports amoureux.
Mais si vous n’arrivez pas à trouver les mots, n’hésitez pas à en parler à un professionnel seul (e) ou en couple, la seule règle d’or : le dialogue.

Comment en parler à ses enfants

L’une des étapes la plus compliquée dans la maladie est probablement, l’annonce de son cancer à ses enfants. Sachez qu’il n’est pas nécessaire de tout dire mais l’essentiel est de dire la vérité car cette information transparente et adaptée à l’âge de votre /vos enfant (s) va leur permettre à de se sentir plus en sécurité.
Choisissez des mots simples et soyez rassurant (e). Dites-leur qu’il existe des traitements efficaces pour vous soigner et que vous avez toute confiance dans l’équipe médicale qui prend soin de vous. Autorisez -les à poser des questions et à exprimer ce qu’ils ressentent, le chagrin et l’inquiétude sont des émotions bien compréhensibles face à la perte possible d’un être cher.
Si vos enfants sont plus âgés, vous pouvez leur donner comme Anne Marie, une information plus complète, tout en les rassurant. « Pour mes enfants, j’en ai parlé rapidement. J’ai expliqué ce qui allait se passer, j’ai parlé des conséquences des traitements et leur ai dit que cela allait être momentané ; Je voulais les informer en les rassurant. ». Mais ce qui est important comme le formule Anne Marie, c’est d’être en capacité de comprendre et d’accepter la réaction de chacun. « Les réactions sont différentes d’une personne à une autres. Une de mes filles par exemple, a pris un peu de temps pour réaliser car je pense que c’est difficile pour elle. Un autre garde un peu de distance mais elle marque son affection d’une autre manière. J’ai eu un peu de mal à l’accepter mais on a trouvé une autre façon de garder le lien. »

Ne pas vouloir ou pouvoir parler de son cancer

Certaines personnes confrontées au cancer choisissent de traverser cette épreuve seuls (es). Elles font le choix de ne partager que certaines informations ou sentiments avec leur entourage et globalement d’en dire le moins possible.
Ce parti pris est pour certains une manière de protéger les êtres chers de l’angoisse de mort ressentie au moment du diagnostic ; pour d’autres de cacher ses faiblesses face à la maladie et de conserver un comportement habituel.
Ne pas en parler, c’est aussi ne pas adopter le statut de malade, ne pas être défini (e) par sa maladie., ne pas être assigné (e) à une place particulière, c’est tout simplement une manière de préserver son identité et de rester un homme ou une femme « normale ».
Aussi, soyez respectueux de l’intimité et de la pudeur de la personne malade, ses silences sont peut-être le signe de difficultés à accepter la maladie et ses répercussions ou au contraire une manière de la tenir à distance et de donner la priorité à la vie.
Parfois, c’est l’entourage qui ne souhaite pas savoir, qui préfère rester dans le déni ; un stratagème pour mieux combattre la maladie. Dans ce cas, il existe des structures pour pouvoir en parler, n’hésitez pas à les contacter.(La Ligue au 0800 940 939)